EUX PRÉSIDENTS x Épisode Numéro 42 Julien LECLERCQ

 

 

 

AUDIENCE #4

 

 

Ils font, façonnent ou bousculent notre paysage économique et entrepreneurial…

Ils s’impliquent dans la vie de la cité pour promouvoir et porter leurs idées…

Pour ADEKWA et AUDIENCE, ils livrent leurs pensées et leurs projets présidentiels…

 

 

Épisode #42 : Julien LECLERCQ

 

 

ADEKW Avocats Lille - Eux Présidents - Julien LECLERCQ

Pdg de l’agence Com’Presse, Julien LECLERCQ est l’auteur du livre et du blog Journal d’un salaud de patron

 

 

Moi Président, je mettrais en place de VRAIES mesures pour relancer l’emploi. Depuis 2012, les gouvernements successifs ont multiplié les déclarations d’intentions, jetant quelques pistes intéressantes au milieu d’idées pas toujours bienvenues. Malheureusement, bonnes ou mauvaises, ces idées ne sont jamais parvenues à gravir sans embûches les différents échelons politiques et administratifs qui auraient dû leur donner vie.

 

Le meilleur exemple de cet échec, c’est le fameux contrat génération, proposition phare du candidat Hollande. Si « j’aime » cet exemple-là, c’est qu’il dépolitise le débat. Je ne dis pas du mal de notre futur-ex Président par esprit partisan. La preuve, j’aimais son idée. Pas encore élu, François Hollande proposait la chose suivante : une entreprise qui embauche un jeune en CDI, et s’engage en parallèle à maintenir un senior dans l’emploi, bénéficiera d’une exonération de charges sur ledit senior. La proposition est intelligente, l’exonération de charges allait pouvoir quasiment à elle seule financer l’embauche du jeune. Pour faire court, on allait créer de l’emploi avec un minimum de risque financier, sans que cela coûte beaucoup d’argent à l’État puisque le jeune allait réinjecter son salaire dans l’économie en consommant. C’était sans compter les milliers d’amendements habituels et les heures de « oui mais » issues des discussions parlementaires.  Le contrat génération a bien été voté, mais vidé de sa substance. Exit l’exonération de charges, place à une prime de 1 000 euros par trimestre. Bizarrement – ou pas – la mesure est un échec cuisant. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les chiffres. Dans le même genre, encore plus fort, le gouvernement a mis en place une prime (pour une fois très simple à obtenir, il faut le reconnaître) de 2 000 euros par an pour toute nouvelle embauche dans les TPE et PME. Ils sont très fiers d’affirmer que la mesure est un carton. Une question se pose pourtant : qui a créé un emploi parce qu’il y avait cette aide ? La réponse est sans appel : personne. Cette loi coûte de l’argent à l’État et n’a pas créé un seul emploi.

 

Pour encourager la création d’emploi, il faut avoir le courage de mettre en place une ou deux mesures à la fois très fortes et hyper simples à mettre en place. Une idée à titre d’exemple : étendre les contrats aidés aux entreprises. Si l’on est capable de financer des emplois à 75% dans le secteur non marchand, on doit pouvoir le faire dans le secteur marchand. Avec une différence notable. Au bout de deux ou trois ans, le jour où l’aide disparaît, le chef d’entreprise aura tout fait pour pérenniser l’emploi. Alors que dans le secteur non marchand, l’emploi disparaîtra avec l’aide. Ne jamais oublier, aussi une donnée primordiale : ces vingt dernières années, en France, 80% des emplois ont été créés par des PME. Ce sont elles, entreprises pilotées par des personnes qui ne sont pas spécialistes de droit social ou de droit fiscal, qu’il faut aider en priorité.

 

 

Moi Président, je ferais de la sensibilisation des jeunes à l’entrepreneuriat l’une des priorités de ma mandature. Voir deux jeunes filles brandir fièrement une pancarte « Sous le pont d’Avignon, on y pend tous les patrons », m’avait révulsé. Savoir qu’en plus elles n’avaient jamais eu de patron ne m’avait pas rassuré. Quelle image nos jeunes ont-ils des chefs d’entreprise ? L’entrepreneuriat est pourtant une voie extraordinaire pour réaliser ses ambitions, s’accomplir, s’épanouir. Une voie d’autant plus vertueuse qu’elle est ouverte à tous, sans distinction de « classe », de sexe, d’ethnie, de religion. Certains entrepreneurs à succès n’avaient pas de diplôme, promouvoir l’entrepreneuriat auprès de la jeunesse c’est donc s’adresser à tous. La France est un pays qui a ses tares, bien sûr, mais c’est aussi un pays merveilleusement riche sur bien des points de vue. Notamment parce qu’il permet à nos jeunes, qui ont tous un talent, de croire en leurs rêves. Prendre le temps de leur rappeler cela est une mission d’intérêt général, que poursuivent un certain nombre d’associations, comme Entreprendre pour Apprendre ou le Centre des Jeunes Dirigeants. Leur permettre de travailler main dans la main avec l’Education Nationale doit être une priorité.

 

 

Moi Président, je ferai mon possible pour cesser d’opposer les uns et les autres dans des débats stériles. Nicolas Sarkozy n’avait pas fait beaucoup de bien à la société française en aggravant certains clivages lors de son mandat. L’expérience François Hollande n’aura rien réglé, bien au contraire. Les débats autour de la déchéance de nationalité avaient attisé les haines et les tensions. Tout ça pour quoi ? La peur de perdre la nationalité fera-t-elle freiner le moindre terroriste ? Bien sûr que non. Dans la même veine, la loi Travail a plongé le pays dans un climat d’une violence rare pendant de longs mois, coûtant la vie à de nombreuses entreprises au passage. Autour de quoi ? D’un texte là encore vidé de sa substance en cours de route et qu’il ne changera pas grand-chose pour personne. Et qui, c’est une certitude que l’on soit pour ou contre cette réforme, ne créera pas d’emplois non plus, ce qui était pourtant sa raison d’être. Du courage. Voilà ce qu’il faut au prochain président. Le courage d’aller au bout de ses idées, bien sûr, mais aussi celui de réconcilier les Français. Les réconcilier avec leurs compatriotes, et les réconcilier avec leur pays, dont il est grand temps de rappeler les forces.

 

 

Julien LECLERCQ

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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