EUX PRÉSIDENTS x Épisode Numéro Treize Jean-Claude SEYS

 

 

 

AUDIENCE #4

 

 

Ils font, façonnent ou bousculent notre paysage économique et entrepreneurial…

Ils s’impliquent dans la vie de la cité pour promouvoir et porter leurs idées…

Pour ADEKWA et AUDIENCE, ils livrent leurs pensées et leurs projets présidentiels…

 

 

Épisode #13 : Jean-Claude SEYS

 

 

ADEKWA Avocats Lille - Eux Présidents - Jean-Claude SEYS

Vice-Président et Administrateur délégué de Covéa (MAAF, MMA, GMF),

Jean-Claude SEYS est président de l’Institut Diderot

 

 

Moi Président, je me fixerais comme objectif prioritaire, la lutte contre le chômage, dont dépend l’avenir de la société française, de la paix sociale à l’équilibre des retraites.

Le débat des 35 heures est révolu. Techniquement, comme l’annonçait Jean Fourastié dans les années 60, ce temps de travail hebdomadaire n’est plus nécessaire aujourd’hui et le sera moins encore demain. L’erreur de Madame Aubry a été de croire qu’il est possible de déterminer souverainement le coût du travail dans une économie totalement ouverte à la concurrence internationale ; sur un marché, on ne peut déterminer le prix et la quantité…

La recherche classique d’un nouvel équilibre passerait par une réduction du coût du travail ou le recours à un nouveau protectionnisme, tous deux aux conséquences fâcheuses. Je proposerais donc une troisième voie, prenant en compte les progrès à venir de la productivité, provenant notamment de la robotisation, basée sur la généralisation du travail à temps partiel, soit 3 jours de 8 heures par semaine payées proportionnellement.

L’entreprise y gagnerait en souplesse, et en productivité, pourrait faire tourner ses équipements 7 jours sur 7, et souffrirait moins de l’absentéisme, du stress et du rejet de certains métiers. Les difficultés d’organisation tenant à la succession de plusieurs personnes dans le même poste sont désormais solubles grâce au numérique. Les salariés y gagneraient deux jours de liberté par semaine et plusieurs heures de transport, une meilleure qualité de vie et une meilleure gestion de leur budget couvrant une fraction de la perte de salaire que des aides sociales pourraient finir de compléter. La collectivité réduirait ses dépenses sociales malgré cela, et ses besoins d’infrastructures, notamment de transport.

 

Moi Président, je m’inquièterais du divorce croissant entre dirigeants et dirigés, qui menace les démocraties. L’isolement des élites, leur méconnaissance de la réalité, pour réels qu’ils soient, ne sont pas supérieurs à ce qu’ils ont pu être dans le passé : ce qui est nouveau c’est l’hétérogénéité de nos sociétés : le système majoritaire peut conduire à ignorer de manière continue les attentes de certaines parties de l’électorat qui ne voient plus la différence entre la tyrannie d’un seul et celle d’une majorité à laquelle ils ne participent jamais.

Par ailleurs, les opinions publiques se regroupent de manière variée selon les problèmes : les élections se gagnent en créant une opinion majoritaire sur un sujet, par exemple la réforme fiscale, mais celle-ci n’existe pas nécessairement sur d’autres problèmes et le fait qu’un pouvoir élu majoritairement se considère comme légitime pour tout autre chose dans l’opinion crée un sentiment de trahison. Pour remédier à cela je remplacerais les CSEE, dont la vocation initiale était d’éclairer, les décideurs sur l’état de l’opinion publique, par un système de consultation de l’ensemble de la population, par internet avant de décider d’une orientation. Sans soutien de l’opinion, ils pourraient faire œuvre de pédagogie pour la faire évoluer et cesser d’imaginer qu’une majorité ponctuelle les investit le temps d’une mandature du pouvoir de légiférer selon leur seule fantaisie.

 

Moi Président, j’essaierais de créer un nouvel élan des économies mondiales en œuvrant à la création de nouvelles ressources pour les Etats surendettés. Il y a trop d’épargne dans le monde, car la faiblesse de la consommation n’entraine pas son investissement industriel et le surendettement de nombreux Etats empêche de l’employer dans la création d’infrastructures publiques. Il faudrait une création massive de DTS par le FMI, différenciée en fonction de la situation des États, permettant aux pays surendettés de rembourser instantanément une fraction de leur endettement et de faire repartir leur économie. Celle-ci restera en effet bloquée tant que sera exigé un remboursement impossible, auquel les créanciers ne peuvent toutefois pas renoncer pour ne pas avoir à constater la défaillance dans leurs comptes.

 

 

Jean-Claude SEYS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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