Interview x Frédéric SALDMANN

 

 

 

« On fabrique bien souvent un infarctus

au fond d’un assiette »

 

 

 

Cardiologue, nutritionniste et grand adepte de la médecine prédictive, Frédéric Saldmann a séduit le grand public et défrayé la chronique avec ses livres Le Meilleur Médicament c’est vous ! (2013), Prenez votre santé en main ! (2015) ou encore Votre santé sans risque (2017).

Loin des conseils traditionnellement prônés par l’industrie pharmaceutique et le monde médical, il invite chacun à repenser la manière de se soigner et de se préserver.

Rançon de son succès : Frédéric Saldmann présente une liste d’attente de deux ans pour recevoir ses patients. Aucune crainte : AUDIENCE vous offre une consultation gratuite !

 

 

 

ADEKWA Avocats Lille - AUDIENCE - Frédéric SALDMANN - Victor MOLLET

 

 

 

|  propos recueillis par Victor MOLLET, Dircom ADEKWA Avocats  |

Directeur de la Rédaction d’AUDIENCE

 

 

 

Frédéric Saldmann, il paraît que l’avocat est excellent pour la santé… Vous confirmez ?

C’est clairement l’un des meilleurs aliments ! Je dis même souvent que ce fruit est le baume des intestins. Exemple : si vous mangez un burger au bacon avec de l’avocat à côté, cela baisse de trente pourcents l’inflammation des intestins, ce qui est tout simplement extraordinaire !

 

 

Qu’est-ce qui vous a décidé à faire de la médecine votre métier ?

Tout simplement par vocation et par passion. Cela permet de réunir à la fois la technologie et un rapport humain formidable. Sans oublier le fait que nous sommes en permanence en train d’avancer. C’est tout simplement fantastique ! Le métier que je mène au quotidien est une inépuisable source d’inspiration, de réflexion et de satisfaction.

 

 

D’où vous est venue l’idée de votre livre et plus largement de votre concept « Le Meilleur Médicament, c’est vous ! » ?

Je suis cardiologue et nutritionniste de formation et j’en suis rapidement arrivé à faire le constat que l’on fabrique bien souvent un infarctus au fond d’une assiette. Et il se trouve que dans huit cas sur dix, nous pouvons, en utilisant nos propres ressources, nous traiter et nous guérir. Il y a, au plus profond de l’être humain, des moyens de guérison extrêmement puissants. Il suffit simplement de les connaître pour pouvoir les activer et en bénéficier, non seulement pour se protéger de nombreuses maladies mais également pour guérir.

Ma volonté et mon objectif sont simples : que chacun devienne autoentrepreneur de sa santé en utilisant ses propres ressources.    

 

 

C’est une forme d’automédication ?

Non ! L’automédication n’est pas une bonne chose. Nous prenons d’ailleurs beaucoup trop de médicaments, c’est la grande mode. Vous avez un symptôme ? Voilà un médicament ! Ce n’est pas sérieux. Dans la grande majorité des cas, nous pouvons aisément nous passer des médicaments. Nous finissons même nous rendre malade d’en prendre trop…

 

 

Vous n’avez pas peur de vous mettre à dos toute l’industrie pharmaceutique ?

Oh ! ça c’est déjà fait (rires) ! Attention : je prescris également des médicaments mais uniquement lorsque je n’ai pas d’autre choix. Pas à tort et à travers comme certains peuvent le faire…

J’en reviens une nouvelle fois au statut d’autoentrepreneur de la santé que chacun devrait intégrer. Si on se prend en main, on va permettre d’activer nos moyens de défense. À partir de quarante ans, c’est un vrai champ de tir : de nombreux risques de maladies peuvent survenir. En faisant simplement trente minutes d’exercice par jour sans s‘arrêter, nous baissons de quarante pourcents les risques d’Alzheimer, de cancers et de maladies cardiovasculaires. Et trente pourcents de calories en moins, c’est aussi vingt pourcents de vie en plus ! Vous le voyez, si on prend soin de faire de l’exercice et que l’on ménage son poids, cela change la donne.

 

 

Quels sont les plus gros poisons de notre vie quotidienne ?

En premier lieu, c’est l’excès de poids. Cela fait perdre des années de vie et c’est un facteur aggravant de risque de cancer et de maladies cardiovasculaires. Deuxièmement, c’est l’absence d’exercice physique, qui fait monter en flèche le risque de ces mêmes maladies ainsi que les maladies neurodégénératives. Troisièmement, c’est le tabac, qui est un vrai fléau.

 

 

À l’inverse, existe-t-il un tiercé de bonnes pratiques à appliquer chaque jour ?

Premièrement, un exercice physique régulier, c’est l’essentiel. Dans un second temps, il convient de maîtriser son alimentation pour ne surtout pas être en excès de poids. Enfin, je dirai qu’il est nécessaire de baisser son niveau de stress, que chacun cultive beaucoup trop haut. Il faut tout mettre en œuvre pour se détendre, se relaxer et découvrir les clés du bonheur. Voilà l’essentiel !

 

 

Justement, comment lutter efficacement contre le stress ?

Nous pourrons discuter de ce sujet des heures tant il est passionnant. Il ne faut pas hésiter à se gratter, quel que soit l’endroit, même si la cheville est une zone particulièrement efficace. Le fait de vous gratter vous soulagera nous seulement en cas de démangeaisons mais vous permettra également de ressentir du bien-être. Vous pouvez aussi poser de l’eau froide sur votre visage, cela active votre nerf vague, ce qui a pour effet de vous relaxer et de vous détendre. Il ne faut pas non plus hésiter à siffler, cela permet de chasser les idées noires, de mieux respirer et a en plus pour effet de rajeunir le visage.

 

 

On remarque d’ailleurs une corrélation entre niveau de stress et espérance de vie…

En 2009, nous avons découvert les télomères, qui sont d’immenses champs que nous avons au bout de nos chromosomes. Plus ils sont longs, plus nous vivons longtemps et en bonne santé. Plus ils sont courts, plus on meurt rapidement de cancers, d’Alzheimer ou de maladies cardiovasculaires. Ces télomères ne vous donnent pas votre âge chronologique mais votre âge biologique. Et ce que l’on a découvert, c’est que ce qui raccourci ces télomères, c’est notamment le stress. Mais rien n’est perdu ! Car nous pouvons les rallonger en adoptant une alimentation saine et en faisant de l’exercice physique. Autrement dit, le marqueur du bien-être se trouve dans chacune de nos cellules et déterminent nos état de bonne santé.

 

 

Quels sont les ingrédients d’un bon sommeil ?

Il faut dormir sept à huit heures par nuit, surtout pas plus, ni moins ! Rendez-vous compte : si on dort plus de neuf heures par jour et que l’on fait moins de 150 minutes d’exercices physiques par semaine, on multiplie par quatre les risques de mort subite.

J’ajouterai deux conseils de taille. Premièrement, il faut dormir dans le noir complet, donc soit vous fermez tout, soit vous mettez un masque d’avion. Pourquoi il n’est pas bon ne pas dormir dans le noir complet ? Parce que cela active les systèmes d’éveil et cela donne un sommeil de mauvaise qualité qui risque de surcroît d’être raccourci. Cela va sans dire mais il ne faut surtout pas consulter son smartphone avant de s’endormir ! Deuxièmement, il faut dormir dans une chambre fraiche, avoisinant les dix-huit degrés tout au plus, et nu, ce qui a pour effet de baisser la température du corps de près d’un degré durant la nuit. Pourquoi me direz-vous ? Parce que de la sorte le métabolisme se ralentit et préserve ses forces pour le lendemain. En été, il ne faut donc pas hésiter à prendre une douche froide avant de se coucher et à glisser une « bouillote » remplie de glaçons dans son lit.

 

 

Est-il vrai que le chocolat est excellent pour la santé ?

Parfaitement ! Et plus exactement le chocolat noir « 100% », qui fait chuter la ghréline, l’hormone de l’appétit. C’est un coupe-faim naturel tout à fait efficace, à utiliser de temps en temps. Ce n’est naturellement pas un régime mais un moyen efficace de contrôler ses pulsions alimentaires et qui peut aider à perdre du poids. Consommer avec modération tous les jours, le chocolat est également excellent pour les artères. Un petit carré par jour vous fera donc le plus grand bien !

 

 

Avec un « petit noir » ?

Le café est en effet une excellente boisson, si l’on en prend trois ou quatre tasses par jour, pas plus. Cela diminue notamment fortement les risques de diabète de type 2 et améliore en plus les performances érectiles.

 

 

Plus surprenant : vous mettez en garde contre un trop-plein de vacances !

Il faut trouver le juste milieu, partir certes, mais pas trop ! J’appelle cela la règle des « 8-1-5 » : les huit semaines qui précèdent votre départ, vous commencez à profiter par anticipation de l’effet vacances. Vous vivez ensuite pleinement votre semaine de vacances et vous profitez enfin de ses bienfaits pendant cinq semaines à votre retour. Attention : si vous prenez un temps de repos trop long, l’effet peut s’avérer parfaitement contre-productif. Prenez trois semaines de vacances, vous perdez vingt points de quotient intellectuel !

 

 

En 2016, vous avez donné une conférence intitulée « Toute mort avant 120 ans est une mort prématurée ». Vous y croyez vraiment ?

C’est ce que je pense et j’en suis intimement convaincu. Je vous annonce d’ailleurs que nous allons y arriver ! Comment ? La médecine est en train de faire des pas de géant et les gens commencent de plus en plus à se prendre en main et à prendre conscience de l’influence qu’ils peuvent avoir sur leur espérance de vie. Si mes recherches aboutissent, cela nous fera faire un bon extraordinaire en matière de longévité en bonne santé.

 

 

Quelle est justement la découverte la plus surprenante que vous ayez pu faire ?

De trouver une petite souris qui s’appelle le rat-taupe nu, qui vit en Afrique de l’Est, qui a un code génétique semblable au notre à 93% et qui vit trente ans, ce qui correspond à 600 ans pour un humain. Et le rat-taupe nu résiste non seulement au cancer mais également à Alzeihmer ou aux maladies cardiovasculaires… C’est un animal qui ne vieillit pas et qui constitue une incroyable source d’espoir.

 

 

Quel est votre meilleur souvenir professionnel ?

C’est la première fois que j’ai fait un massage cardiaque et que j’ai ramené quelqu’un à la vie. C’était comme une naissance, comme donner la vie…

 

 

À l’inverse, votre plus grand regret ?

C’est de ne pas avoir réussi à sauver un nombre trop important de patients, de maladie où il n’y avait pas de traitement adéquat. Et cela arrive encore aujourd’hui. J’en suis affligé… C’est pour cela que je m’engage dans la recherche.

 

 

Si vous étiez ministre de la Santé, quelle campagne préventive mèneriez-vous ?

Lutter contre l’excès de poids, qui est une épidémie absolument redoutable.

 

 

Quel est votre définition du secret professionnel ?

C’est respecter l’intimité de chaque patient. Je m’efforce toujours de le conserver et de le garder farouchement. C’est comme une évidence.

 

 

Si vous aviez un médicament à inventer, quel serait-il ?

Un médicament ? Vous ! Soyez-en certain : le meilleur médicament, c’est vous !

 

 

Avez-vous une devise, ou, du moins, un leitmotiv qui vous fait avancer ?

Oui, c’est une devise d’Einstein qui nous dit que la vie est comme une bicyclette : quand on arrête de pédaler, on tombe ! Autrement dit, nous sommes comme des montres automatiques, nous ne pouvons marcher et bien fonctionner que si nous sommes en mouvement.

 

 

Pour conclure, un vœu, un souhait pour demain ?

L’éternité !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

AUDIENCE #5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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